martes, 28 de julio de 2015

“Les fleurs du mal”, Avec ses vêtements ondoyants et nacrés..., de Charles Baudelaire

XXV.

Avec ses vêtements ondoyants et nacrés,
Même quand elle marche on croirait qu'elle danse,
Comme ces longs serpents que les jongleurs sacrés
Au bout de leurs bâtons agitent en cadence.

Comme le sable morne et l'azur des déserts,
Insensibles tous deux à l'humaine souffrance,
Comme les longs réseaux de la houle des mers,
Elle se développe avec indifférence.

Ses yeux polis son faits de minéraux charmants,
Et dans cette nature étrange et symbolique
Où l'ange inviolé se mêle au sphinx antique,

Où tout n'est qu'or, acier, lumière et diamants,
Resplendit à jamais, comme un astre inutile,
La froide majesté de la femme stérile.

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal, 1837.


XXV.

Con sus indumentarias flotantes e irisadas
Incluso cuando anda se diría que baila,
Como largas serpientes que juglares sagrados
Agitan en cadencia al final de sus varas.

Como la arena triste y el azul del desierto,
Insensibles los dos al mortal sufrimiento,
Como las amplias redes del oleaje marino,
Ella vive y se mueve con total indolencia.

Minerales preciosos son sus lucientes ojos,
Y en tal naturaleza misteriosa y simbólica
Inviolado ángel se mezcla a esfinge antigua,

Donde no hay más que luz, oro, acero, diamantes,
Eternamente brilla, como una estrella inútil,
La fría majestad de la mujer estéril.

Charles Baudelaire
(Versión de Pedro Casas Serra)

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